C'est une véritable énigme pour moi. 55% des touristes sont français, la France est le principal investisseur européen dans le pays : peut-être les Français ne sont-ils pas bien informés de la situation en Birmanie " Aung San Suu Kyi + txt : Fondatrice de la "Ligue Nationale pour la démocratie '' Prix Nobel de la paix. Les photos que vous allez voir, présentent la Birmanie comme un petit paradis . J'ai donc tenu à ce que les citations qui les accompagnent nous fassent redescendre sur terre. J'espère que vous ne serez pas trop choqués du contraste. Merci. Utilisez le cadre bleu à gauche pour agrandir ou changer l'image.Pour visiter le site en suivant l'ordre logique des citations (conseillé) clickez à chaque fois sur:
"Ces entreprises ont affaire avec un régime illégal qui ne représente personne en Birmanie hormis un petit nombre de militaires. Le régime na nul mandat du peuple pour exploiter ou vendre à létranger les ressources naturelles du pays. Cest pourquoi tout accord passé avec ce régime illégal ne sera pas honoré par le peuple birman" [ Déclaration du NCGUB, 17.05.1994.] ; "la légalité du contrat (...) est discutable. Un gouvernement civil élu reverra le contrat lorsquil viendra au pouvoir" [ Déclaration, 22.05.1995.] .
Cela revient donc à dire donc que TOTAL risque une rupture de contrat si un autre gouvernement vient au pouvoir. Ajoutons à ce premier risque en cas de changement de régime, un second : le travail forcé relève du crime contre lhumanité tel que défini par le droit international . Il est vraisemblable que dans une Birmanie post-SLORC, une forme de justice sera exigée pour les crimes commis sous la junte.
L'état français étant le principal actionnaire de Total, peut-on l'accuser d'avoir une responsabilité dans cette affaire?
"Ils [les soldats du SLORC, la junte
au pouvoir] marchaient et battaient les gens qui se reposaient (...). Ils ne
laissaient jamais quiconque se reposer (...). Surtout les prisonniers (rebelles
Karens ), ce sont eux les plus mal traités. Ils sont battus à
mort. Ils ont dit quun prisonnier était mort de diarrhée,
mais cétait manifestement un passage à tabac. Jai
vu deux corps couverts de sang. Lorsque je les ai vus, lun dentre
eux nétait pas encore mort. On a vu le sang couler de sa tête
et dans ce quil avait vomi. Le commandant du bataillon, Aung Min, a battu
un prisonnier à mort (...). Certains prisonniers sont battus à
mort. Le total doit être autour de 30, et ils nont pas été
enterrés très profondément, de sorte que lorsque la marée
est arrivée, leau a ramené les corps à terre. On
a vu tellement de crânes, et des enfants jouaient avec les crânes
et les ossements"
Témoignage d'une jeune femme de la région de Ye Byu , à propos de la construction du chemin de fer Ye-Tavoy .
Seule solution pour les villageois d'éviter le travail forcé: payer les militaires....
Ce qui reste aujourd'hui de l'armée
Karen ne représente plus un danger pour le gazoduc. Les représentants
des mouvements démocratiques se sont enfuis en Thaïlande ou aux
Etats-Unis.
Les civils karens qui n'ont pas pu passer la frontière sont persécutés
dans des camps entourés par l'armée.
Quant à l'armée birmane ses effectifs sont passé de 250
000 à 400 000 en 10 ans.
Grâce à son investisseur français la junte birmane qui était
très affaiblie financièrement dans les années 90 a aujourd'hui
de beaux jours devant elle avec jusqu'à 500 millions
de dollars de royalties sur la vente du gaz qui rentre chaque année
dans ses caisses. En développant le tourisme elle s'assure une rentrée
de devise supplémentaire. Le travail forcé est encore utilisé
aujourd'hui.
En conclusion, quelques chiffres important:
LA BIRMANIE:
- 48 millions d'habitants
- 450.000 militaires
- 800.000 travailleurs forcés depuis 1990
- 50 % du budget de l'état va à l'entretien
de l'armée
- entre 200 et 500 millions de $ de royalties sur
la vente du gaz naturel à la Thaïlande rentre chaque année
dans les caisses du gouvernement militaire.
-100 millions de $: montant d'un contrat d'armement
passé avec la Russie en Août 2001 et comprenant notamment l'achat
de MIG-29
- 200 Fr: salaire mensuel moyen d'un ouvrier en
Birmanie
TOTAL:
- 50.000.000 $: de pot-de-vin versé aux autorités birmanes pour sassurer du contrat d'exploitation. Selon des sources diplomatiques en poste à Rangoon. Cf. Y. Lertcharoenchok, "Exploitation through forced labour" , The Nation, 14.10.95. Le Oil and Gas Journal, cité par Investor Responsibility Research Center, op. cit., p. 6
- 1.200.000.000 $ investis en Birmanie depuis 1992
L'ETAT FRANCAIS:
- 40.000.000 Fr débloqué
pour faire face à la catastrophe de l'Erica
- 1.000.000.000 Fr débloqué pour
faire face à la catastrophe de l'usine AZF à Toulouse
VOUS:
- 0,0000014 % c'est le manque à gagné de Total Fina Elf sur son bénéfice annuel dans le cas où vous ne voudriez plus faire le plein chez eux !.
!!! ATTENTION !!! .......Comment voyager en Birmanie? Informer vous avant de partir sur: http://www.birmanie.net
Infos sur les droits de l'homme dans le monde (principale source de ma documentation): www.FIDH.org
Le rocher d'or est un haut lieu de pélerinage bouddhiste. Il s'agit d'un rocher rond de 6m de diamètre placé au sommet d'une montagne en équilibre au-dessus du vide. D'après les spécialistes 3 hommes suffiraient à le faire tomber, mais d'après les fidèles il serait maintenu à sa base à l'aide d'un cheveux de Bouddha. Une partie de l'ascension se fait en camion dont les bennes sont aménagées avec des poutres pour faire asseoir les pélerins. La deuxième partie de l'ascension se fait à pied le long d'un sentier parsemé de boutiques comme à Lourdes.
J'étais accompagné d'Heïdi,
une norvégienne au caractère trés jovial . Le site
était payant 6$US à verser à un bureau du "ministère
de la culture département d'archéologie" Bon, on est
rassuré, les militaires apprentis archéologues auront suffisamment
de pelles pour creuser leurs tranchées!.
Après la visite nous nous arrêtames au sommet pour prendre
un thé. Heïdi était assise en contre jour dos au soleil
couchant. Ses boucles blondes traversées par cette lumière
avaient pris le même éclat que le rocher d'or derrière
elle. Lorsque le serveur arriva, elle s'adressa à lui avec une
telle énergie naturelle dans son regard et dans son sourire que
le jeune garçon surprit, eut un sursaut de recul.
-"Tu as vu? je lui fait peur!" me dit elle étonnée
et ravie.
De retour aux camions, nous étions assis sur nos poutres à côté d'une bonne femme genre "mamie Nova" locale. Si on en croyait les gestes qu'elle faisait, elle s'était lancée dans la description détaillée de tous ses maux de santé. Au début les hommes qui se tenaient devant elle hochaient la tête poliment, puis ils finirent par regarder ailleurs. Cela commençait à amuser Heïdi (qui il faut peut-être le préciser travaille comme infirmière dans un hôpital psychiatrique) - "non, non, je ne pense pas que cette femme soit folle", me répondit-elle , "elle a juste un débit de langage hors du commun".
La femme parlait pourtant sans discontinuer sans
même prendre sa respiration, son prodigieux oratoire durait depuis
plus de 5 minutes maintenant. Plus aucun homme ne l'écoutait, et
je sentais Heïdi prête à éclater de rire telle
une bombe àla moindre étincelle.
L'étincelle se produisit lorsque soudain un silence d'un quart
de seconde cristallisa toute notre attention et une seule question nous
vint alors: "avait elle fini?".
En guise de réponse, il sortit de sa gorge un superbe rôt,
placé là tel un point d'orgue, tel le point final marquant
la fin de son interminable prose. "The End !" C'en était
trop pour Heïdi qui explosa tout entière, brisant mon sérieux
au passage et m'emportant avec elle dans son torrent de rire.
"De temps en temps on devait payer 500, 1000, 1500 ou 2000 kyats, en fonction du type de portage. De temps en temps ils venaient exiger largent deux ou trois fois par mois. Dès quils veulent des gens, ils viennent exiger de largent du chef de village. A propos de la construction du gazoduc - on ne sait rien de précis, sauf quils nous demandent de payer de largent pour le construire. Les soldats sont venus au village (...) et ont demandé largent. Dans notre maison, nous avons dû payer 500 kyats. Les villages deviennent de plus en plus pauvres. Il y en a qui vendent leur propres affaires comme le bétail pour payer les taxes de portage, de travail forcé, et dautres taxes forcées (...). Les villageois économisent tout ce quils possèdent pour le donner au SLORC. Alors ils sont devenus pauvres. Il y a tellement de villageois qui deviennent malades (...), et beaucoup qui souffrent (...). Je devrais marrêter ici. Si je devais parler de toutes les atrocités que commet le SLORC, deux jours ne me suffiraient pas" .
Témoignage d'un villageois de Nat Gyi Sin (province du Ye Byu)
Quel est l'intérêt de Total à être complice d'un tel régime?
" Si vous menacez davantage le gazoduc, il y aura encore plus de militaires. Si le travail forcé va de pair avec les militaires, alors il y aura encore plus de travail forcé. Pour chaque menace contre le gazoduc, il y aura une réaction. "
Déclaration publique de John Imle. Président du groupe américain Unocal partenaire de Total en Birmanie. En mars 1995, l'armée Karen a attaqué, des camions de la compagnie TOTAL. En représailles, l'armée birmane protégeant la construction du gazoduc a exécuté des civils de villages Karens.
Total n'a pas utilisé de travailleurs forcé pour la construction de son gazoduc mais avant sa construction il a fallu débroussailler la zone, construire les camps militaires qui s'y sont multipliés, nourrir les troupes, construire des routes. La voie ferrée de Ye-Tavoy dans la région du gazoduc fut surnommée par la population "The New Death Railway" . Ce fut un chantier sur lequel il est estimé qu'ont été utilisés jusquà 2000 travailleurs forcés par jour.
"TotalFinaElf s'engage à accompagner
le développement des pays et régions où il est présent,
contribuer à la préservation et à la valorisation de notre
environnement naturel et culturel"
source: http://www.totalfinaelf.com
140.000.000.000 m³ de gaz naturel repose au large de la cote du sud de la Birmanie.
De quelle nature exacte sera l'engagement de Total sous un tel régime politique?
«Le travail volontaire est une tradition profondément enracinée dans la culture du Myanmar (...). Dans mon pays le travail volontaire pour le bien de tous n'est pas considéré comme du travail forcé, ce n'est pas une violation des droits de l'Homme» [ Déclaration aux Nations Unies de U Win Mra, représentant du Myanmar , nov. 1994.]
Le travail forcé est utilisé comme moyen de répression et de terreur. Tous les secteurs de la population y sont soumis (enfants, personnes âgées, femmes enceintes compris), et plus particulièrement depuis 1991.
Dans ces conditions, quelles sont les compagnies étrangeres qui se risqueraient à investir dans le pays?